HOMELIE DU PASSAGE DE LA SAINT MICHEL 2013

 

 

       

« Qui est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? »

 

Cette question est posée par les disciples alors qu'ils vivent depuis deux ans dans l'intimité du Fils de Dieu. Que reflète cette interrogation: la naïveté, l’innocence, la soif de savoir ou le côté sombre de l'être humain ?

 

Il est légitime de se poser la question d'autant que les Évangiles de Marc et de Luc nous transmettent des faits et des questions différentes avec toujours la même réponse de Jésus-Christ.

 

Dans l'Évangile selon Marc (9 – 33, 34) : « Ils arrivèrent à Capharnaüm. Lorsqu'il fut dans la maison, il leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux qui était le plus grand. »

 

Dans l'Évangile selon Luc (9 – 46): « Or, une pensée leur vint à l'esprit, savoir lequel d'entre eux était le plus grand. »

 

Nous voyons bien que la question n'est pas anodine et qu'elle reflète ce désir né du subconscient de l'homme de dominer ses semblables en se comparant les uns aux autres, ce désir né de l'orgueil enraciné en l'homme depuis sa chute conséquence de son opposition au Créateur. Elle reflète peut être aussi la préoccupation des disciples qui se pensent à l'abri car ils côtoient le Maître.

 

Attachons nous, d'abord, à savoir ce qu'est le Royaume des Cieux. Est-ce un lieu physique, un lieu invisible ou les deux ?

 

Dans l'évangile selon St Luc, Jésus affirme: « Le Royaume de Dieu est au dedans de vous! » (Ch. 17 v21). Par là, Le Maître indique que le Royaume des Cieux est au dedans de nous, au cœur des plans subtils de l'Être. Donc nous pouvons en conclure que le Royaume est constitué à la fois du visible et de l'invisible, du manifesté et du non manifesté, la Création et tous les plans qui l'entourent.

 

Jésus-Christ va saisir cette opportunité pour donner un double enseignement et montrer qu'il ne suffit pas de cheminer auprès du Fils de Dieu pour entrer au Royaume des Cieux. Pour ce faire, Le Maître -qui connaissait les pensées de leurs cœurs- va répondre en deux temps. Il explique comment entrer dans le Royaume des Cieux alors que personne n'a songé à poser cette question. Par là, il met l'accent sur le fait que rien n'est acquis: ni pour les apôtres, ni pour les incrédules.

 

Ensuite, il montre concrètement qui est le plus grand au Royaume des Cieux en prenant pour exemple un petit enfant qu'il place au milieu d'eux. (Marc 9 – 36) « Puis, prenant un enfant, il le plaça au milieu d'eux; et après l'avoir embrassé, il leur dit: ….. ».

 

Pourquoi le Maître a-t-il choisi un enfant et l'a-t-il placé au milieu d'eux ? L'enfant serait-il plus compétent pour entrer au Royaume des Cieux alors que ce sont les adultes qui ont reconnu en Jésus-Christ, Dieu fait homme ? Pourquoi serait-il le plus grand au Royaume des Cieux ? L'enfant possède-t-il la Connaissance, le Savoir ou quelque chose qui fait de lui quelqu'un d'important ?

 

La réponse est à la fois simple et complexe pour l'entendement des adultes : l'enfant incarne la simplification de l'Être.

 

En effet, il vit en complète dépendance de ses parents dont il espère tout et à qui il fait totalement confiance. Il s'en remet à eux pour tout ce dont il a besoin (nourriture, vêtement, éducation, sécurité,...). Il ne se préoccupe de rien et pas même du lendemain. Cette confiance totale dans laquelle il vit est l'expression de son Amour. Il vit également dans l'humilité qui est le sentiment de son insuffisance. 

 

Par sa réponse, Le Fils de Dieu montre ce qui fait obstacle à l'entrée dans le Royaume de Dieu:

 

  • notre ego non maîtrisé dont les fruits sont l'orgueil, la vanité et le désir de dominer les autres,

  • nos dons, nos savoirs, le sentiment de supériorité qui peut en découler, nos fausses croyances

  • nos doutes, nos manques de confiance en Dieu qui nous conduisent au manque de discernement et à nos mauvais choix, causes de nos propres souffrances

 

Pour lever ces obstacles, la clé est la simplification de notre Être tout entier, la purification qui est la chemin vers la sainteté. Cela passe par l'apprentissage de l'humilité qui est le sacrifice de notre « moi », l'offrande de notre « ego » au Christ sur l'autel de l'Amour. Car il n'y pas de place en nous pour Le Christ et notre partie sombre.

 

Trois mots essentiels: confiance absolue, abandon total et amour.

 

Mais le maître va plus loin en précisant: « Quiconque se fait petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux ».

 

 Ici le maître souligne que l'humilité est la qualité du plus grand dans le Royaume des Cieux. Qu'est ce que l'humilité ?

 

D'abord, elle passe par la prise de conscience et l'acceptation de nos faiblesses, de nos limites, de notre dépendance par rapport au Ciel. Plus exactement, c'est la reconnaissance du caractère « autre » du Créateur et de la dépendance absolue dans laquelle nous sommes placés par rapport à lui, que l'amour transforme en abandon et en confiance totale. Je rappelle que cet apprentissage passe par  le sacrifice de notre « moi », l'offrande de notre « ego » au Christ sur l'autel de l'Amour. Seul le Christ peut faire en nous les rééquilibrages nécessaires et rétablir l'harmonie. D'où l'utilité de la méditation qui est la rencontre et l'épanouissement de la partie christique de notre être.

 

Mais il y a risque d'orgueil à croire que notre sanctification soit le seul résultat de nos propres efforts. Ce qui est demandé à l'homme est de se regarder dans un miroir, celui de la Loi, d'accepter l'image qui lui est renvoyé. Puis de tomber à genou en se reconnaissant pécheur et de demander pardon en s'ouvrant à la Grâce du Christ et de Notre-Dame, ainsi qu'à la miséricorde Du Père aimant.

 

En outre, Il y a l'Amour: amour de nous-même, de notre prochain, de tous nos frères humains, du Fils et du Père-Mère.

 

Cela commence donc par nous même et notre corps physique. Mais c'est aussi s'occuper de notre âme car l'harmonie de notre être dépend en grande partie de la santé de nos corps subtils. Il s'agit par conséquent de porter attention et de prendre soins de chaque composante de notre être sachant que l'agencement de notre intérieur influe sur notre équilibre fragile.

 

Enfin, s'aimer soi-même c'est se mettre en harmonie avec les lois cosmiques.

 

Ce sera par notre humilité que les portes du Royaume des Cieux nous seront ouvertes. Le plus grand sera celui qui unifié, pacifié, s'ouvre totalement à l'Amour flamboyant du Christ, à la tendresse rayonnante de Notre-Dame, et qui peut dire: « ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ et Notre-Dame qui vivent en moi, qui agissent à travers moi ».

                                                                                                                      Père H+ 

 

 

 

 

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